Turquie : les fantômes de Gezi hantent toujours Istanbul

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Le 28 mai 2013, des milliers de citoyen.ne.s investissaient le parc de Gezi, dans le centre d’Istanbul. Durant plusieurs semaines, avant la violente intervention de la police, la « commune de Gezi » a vécu au rythme de l’autogestion, de la solidarité, du féminisme, tandis que le mouvement s’étendait à tout le pays. Cinq ans après, que reste-t-il de ce « Mai 68 à la turque ? »

Par Selin Kaya À l’époque, Recep Tayyip Erdoğan avait immédiatement accusé les manifestations d’être l’œuvre « de puissances étrangères » ayant pour objectif de « déstabiliser la Turquie ». Comme l’explique Jean-François Pérouse, chercheur et biographe de celui qui est entre temps devenu président, le positionnement des gülenistes, plutôt favorables au mouvement de protestation, a contribué à la rupture entre la confrérie et l’AKP. « Recep Tayyip Erdoğan a vécu cela comme une véritable trahison, une attaque personnelle. Cela s’est transformé en paranoïa politique, en une politique de vengeance dont on continue à voir les conséquences aujourd’hui près de (...)

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