Bosnie-Herzégovine : « Macron, notre pays n’est pas une bombe à retardement »

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Les réactions courroucées se sont multipliées tout le week-end en Bosnie-Herzégovine après les propos d’Emmanuel Macron sur la prétendue menace djihadiste. Le Président Željko Komšić a même répondu dans le Financial Time pour recadrer le débat.

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Par Aline Cateux

La Une du grand quotidien de Sarajevo samedi 9 novembre : « La BiH n’est ni une bombe ni une menace »
© Oslobođenje

Le Président bosnien en fonction a répondu aux propos d’Emmanuel Macron qualifiant la Bosnie-Herzégovine de « bombe à retardement » dans le Financial Time. Željko Komšić a indiqué que laisser la Bosnie-Herzégovine aux portes de l’Otan représentait un danger bien plus significatif que les retours éventuels de djihadistes sur son sol, phénomène qu’il a qualifié d’anecdotique.

Les propos du président français, publiés jeudi dernier par The Economist, ont été très commentés tant par la presse que sur les réseaux sociaux.

Les médias de Fédération ont largement ironisé sur des propos qui, disent-ils, ne se basent sur aucune donnée, ni aucun rapport d’agence internationale. Dans leur vaste majorité, ils rappellent également que, contrairement à la France, la Bosnie-Herzégovine n’a connu aucun incident terroriste depuis l’attaque de l’ambassade américaine en 2011, par un citoyen serbe qui plus est.

En Republika Srpska, les journaux sont plus discrets sur les déclarations d’Emmanuel Macron, préférant s’attarder sur la partie concernant « la mort cérébrale » de l’Otan que sur la question des retours de Syrie. Cette question de l’adhésion à l’Alliance est un point de clivage entre la RS et la Fédération, et a fait capoter cet été la formation du gouvernement national.

Le 8 novembre, des étudiants bosniens en voyage d’étude au Conseil de l’Europe à Strasbourg ont protesté en brandissant des pancartes indiquant « Macron, tu es bienvenu en Bosnie-Herzégovine, notre pays n’est pas une bombe à retardement ». Leur photo a vite fait le tour des médias européens et bosniens. Sur les réseaux sociaux, beaucoup ont exprimé une grande frustration et une énorme lassitude face à des propos qui sont perçus comme dévastateurs pour la Bosnie-Herzégovine.


Cet article a été publié avec le soutien de la Heinrich Böll Stiftung