Blog • La candidature du Kosovo au Conseil de l’Europe avance

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Après le feu vert à la libéralisation des visas, le 18 avril, le Kosovo semble proche d’une autre victoire : devenir membre du Conseil de l’Europe (CdE). Il va sans dire que la guerre en Ukraine a profité au Kosovo à cet égard. Dans le même temps, cependant, le pays a montré des engagements clés dans le domaine de l’État de droit et de la lutte contre la corruption. Forcément, il y a un besoin d’amélioration quant à la liberté d’expression. Cependant, le pays devance la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, la Serbie et l’Albanie.

Le CdE est le gardien de l’État de droit et des droits de l’homme. C’est en quelque sorte la porte d’entrée de l’Union européenne et c’est son principal partenaire institutionnel sur le plan politique, juridique et financier.

Le bureau de Pristina du CdE joue un rôle-clé dans la mise en œuvre de la coopération, en aidant les institutions dans le processus de réformes démocratiques et en coordonnant activement les efforts avec tous les acteurs locaux et internationaux concernés.

Pour l’instant, le Kosovo ne dispose que du statut d’observateur. Et, ses premières tentatives d’adhésion à l’organisation remontent à 2018. Pourtant, à cette époque, ses alliés étaient moins favorables à sa candidature en tant que membre de l´organisation.

Pristina a soumis sa demande officielle d’adhésion au Conseil de l’Europe en mai 2022, deux mois après l’expulsion de la Russie du Conseil suite à son invasion de l’Ukraine. Près d’un an plus tard, le Comité des Ministres votait, le 24 avril, favorable au traitement de sa demande auprès de l’Assemblée parlementaire (PACE). Cellee-ci, composée de 306 parlementaires de 46 États membres et fournissant un forum démocratique pour le débat et la surveillance des élections, va préparer un avis sur l’adhésion.

La candidature du Kosovo à l’adhésion au CdE a validé la première étape : l’acceptation par le Comité des Ministres à la majorité des deux tiers. Celle-ci signe le début du processus d’adhésion du Kosovo.

Sur 46 membres du CdE, seuls 7 ont voté contre (Azerbaïdjan, Chypre, Géorgie, Roumanie, Serbie, Espagne et Hongrie) et 5 se sont abstenus (Bosnie-Herzégovine, Grèce, Moldavie, Slovaquie et Ukraine), tandis que l’Arménie n’a pas voté.

La Serbie qui a voté contre semble avoir violé l’accord conclu à Bruxelles et Ohrid avec ses dispositions d’exécution. À savoir, l’article 4 affirme : « Les parties comptent sur le principe qu’aucune des deux ne peut représenter l’autre dans la sphère internationale ou agir en son nom. La Serbie ne s’opposera pas à l’adhésion du Kosovo à toute organisation internationale ».

Malgré cela, la décision du Comité des Ministres est d’une importance cruciale pour l’Europe et pour le Kosovo. Pour l’Europe, c’est la preuve qu’elle livre ce qu’elle promet, à condition qu’il y ait un engagement fort à respecter ses exigences et ses normes.

Pour le Kosovo, cela signifie faire un pas de plus vers une future intégration européenne, embrasser les valeurs de la démocratie, de la liberté et des droits de l’homme et être regardé et traité comme un égal parmi ses pairs.

De plus, c’est une preuve que son statut d’État est plus fort que jamais et son acceptation en tant que membre à part entière de l’Europe et de la communauté internationale va enfin se concrétiser.

En outre, être membre du CdE impliquera que le pays sera représenté dans la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Cela renforcera ses citoyens de défendre leurs droits et de se sentir sur un pied d’égalité avec les autres. En outre, il donnera au gouvernement du Kosovo la possibilité de ratifier formellement les conventions du CdE.

Très probablement, l’Allemagne a fait pression pour que le vote réussisse. Berlin, sous le chancelier Olaf Scholz, est fermement attaché à l’intégration du Kosovo dans les structures euroatlantiques.

Sans aucun doute, la guerre en Ukraine a aidé à accélérer cette décision. De plus, cela montre une très bonne qualité de meneur du ministère des affaires étrangères du Kosovo.

La décision récente du Conseil de l’Europe, une étape importante franchie après un lobbying intense, est une énorme victoire pour la démocratie et les droits de l’homme sur le vieux continent. Inévitablement, l’avenir du Kosovo, c’est l’Europe.

Cela peut encore prendre du temps. Pourtant, l’engagement et la détermination ont été démontrés à diverses occasions. Maintenant, il n’y a plus qu’à attendre.