Patrimoine ottoman en Serbie : Vranje, carrefour des Balkans

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La ville de Vranje, dans le sud-est de la Serbie, est longtemps restée aux portes de l’Orient. Ce relais des caravanes, à la périphérie de l’Empire ottoman, a vu deux civilisations se rencontrer, se mêler et s’affronter. Portrait d’une ville à la croisée des routes, dont l’architecture et les mentalités se sont transformées au fil des guerres et des migrations.

Texte : Philippe Bertinchamps. Photos : Marija Janković. Sur Beli most (le pont blanc), une inscription est gravée en arabe : « Ô, gardien, la propriétaire de cette bonté et beauté, hanuma Aisha, a bâti ce pont afin que Dieu lui pardonnât ses péchés et les péchés de ses parents ». La belle Aisha, fille de Selim bey, fut tuée, dit-on, par son père pour s’être éprise du jeune Stojan. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous le pont. Mais sur la čaršija, tous s’accordent à le reconnaître, il demeure comme un envoûtant et très ancien parfum d’Orient qui inspire à Vranje ses chants d’amour les plus tristes et les plus beaux. Zareče se ludo mlado, Da ne (...)

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