Balkans : les ćevapčići, une « spécialité yougoslave » bientôt à l’Unesco ?

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C’est une première depuis 1991. Tous les pays issus de l’ancienne Yougoslavie se sont mis d’accord sur un sujet, celui du classement des ćevapčići au patrimoine mondial de l’Humanité. Pour l’instant, il ne s’agit que d’une demande, mais de Ljubljana à Skopje, on a bon espoir que le rêve devienne réalité.

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Par la rédaction

© Pixabay

« Qu’on les serve avec des frites ou des somuns, qu’on les enduise de kajmak ou qu’on les déguste avec de l’oignon et du paprika, une chose est certaine, les ćevapčići font partie du patrimoine gastronomique de tous nos pays. Il était temps que nous dépassions nos querelles intestines et que nous nous asseyons tous autour de la même table pour déposer une demande commune de classement auprès de l’Unesco. C’est désormais chose faite. »

Voilà comment se conclut, avec une savante dose d’enthousiasme et de réalisme, le communiqué commun rendu public ce matin par les délégations des anciennes républiques yougoslaves inscrites à l’Unesco. Toujours non reconnu, le Kosovo a néanmoins tenu à s’associer à cette requête collective, « un symbole d’unité et de fraternité », comme se réjouit le communiqué.

À Ljubljana, Zagreb, Sarajevo, Podgorica, Belgrade, Skopje et Pristina, la nouvelle a fait sensation. Alors que l’on commémore en ce moment les 20 ans des bombardements de l’Otan contre la « petite » Yougoslavie de Slobodan Milošević, plus personne n’osait imaginer que les différents pays issus de l’ancien « État commun » puissent se mettre d’accord sur un sujet aussi sensible.

En Serbie, le Président Aleksandar Vučić a tenu à annoncer lui-même la nouvelle à l’antenne de TV Pink, un tablier noué par-dessus son smoking noir et une toque de chef nonchalamment posée sur la tête. Il en a profité pour chambrer son homologue croate, Kolinda Grabar-Kitarović. « J’ai déjeuné récemment à Pantovčak (il s’est rendu à Zagreb le 12 février dernier pour sa première visite officielle en tant que chef d’État, NDLR) et les ćevapi qu’on m’a servis n’étaient pas suffisamment moelleux. J’ai donc dû me mettre aux fourneaux pour montrer à mon hôte comment on préparait cette spécialité serbe, euh, pardon, yougoslave. »

Sur Twitter, le Président américain Donald Trump a lui aussi réagi, félicitant les dirigeants balkaniques avant de fanfaronner, jurant que c’était sa femme qui faisait « les meilleurs du monde ». D’origine slovène, Melania Trump n’est pourtant pas connue pour être un cordon bleu.

Ces petites saucisses grillées, de la taille d’un gros pouce, préparées à base de viande hachée de mouton, de bœuf ou de porc suivant les régions, font les délices des gourmands de tous les Balkans. Le mot dérive du terme turc kebab, lui-même issu du persan. Pour l’instant, aucune réaction n’est venue de Roumanie, de Bulgarie et d’Albanie, où l’on prépare aussi ces mets du quotidien sous différentes appellations.