1991, dernier été de la Yougoslavie (8/11) • La parole oubliée des déserteurs serbes

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Il a déserté. Comme des milliers de jeunes Serbes, en 1991, Filip Švarm a refusé de partir se battre sur le front de Croatie. Aujourd’hui rédacteur en chef de l’hebdomadaire Vreme, il témoigne au nom d’une génération perdue, contrainte à l’exil ou à la clandestinité dans son propre pays.

Propos recueillis par Milica Čubrilo CdB : Comment viviez-vous au quotidien ? F. Š. : Jusqu’en 1994-95, on s’en sortait pas trop mal. C’est alors que commence la mobilisation forcée. Surtout celle des déplacés comme moi. La mobilisation volontaire avait été un échec. En 1991, à Belgrade, seulement 15% des hommes en âge de combattre avaient répondu à l’appel, 25% en province, et le nombre n’avait ensuite fait que baisser. Quand vous étiez né hors de Serbie, vous étiez susceptible d’être arrêté et envoyé sur le front en Croatie ou en Bosnie-Herzégovine, sachant que la première étape était « un séjour » dans les bases d’Arkan et de ses Tigres [1]. (...)

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