Bagnolet (93170)

Spectacle : Nous les petits enfants de Tito, de Simon Pataqaj

| Du au

Simon Pataqaj, dans l’Homme du sous-seul.

En coréalisation avec Le Colombier, la Cie Liria Teatër présente :
NOUS, LES PETITS ENFANTS DE TITO
Écriture et mise en scène de Simon Pitaqaj

Mardi 21 mars à 20h30
Mercredi 22 mars à 20h30
Jeudi 23 à 14h30
Vendredi 24 à 14h30
Vendredi 24 à 20h30
Samedi 25 mars à 20h30
Dimanche 26 mars à 17h

Le Colombier
20 rue Marie-Anne Colombier
93170 Bagnolet
www.lecolombier-langaja.com

À partir de 5,49 €

Billetterie en ligne

Le Colombier dédie sa programmation au nouveau répertoire théâtral et chorégraphique, en posant ce cadre et cette particularité d’y accueillir « exclusivement » des projets artistiques qui intègrent la présence de l’auteur au sein de l’équipe.

PROPOS/ SIMON PITAQAJ
Comme toujours, une guerre éclate, l’enfant troque une vieille maison en brique au pied des montagnes contre une cité HLM en banlieue parisienne. Ce pays, c’est la Yougoslavie et cet enfant, c’est moi. Nous les petits enfants de Tito raconte la fuite du pays natal pour échapper aux prescriptions de la terre et du sang.
Albanais du Kosovo, je quitte une culture minoritaire imprégnée de mythes et de légendes pour entrer dans un monde périphérique. « Mais la marge, c’est ce qui tient la page » et rend l’écriture possible. Ce que j’écris, ce que je décris, c’est la rencontre entre les personnages qui ont peuplé mon enfance et forgent mon identité - les pachas Turcs, les fantômes de chevaliers sans tête, les duels entre frères ennemis, les devins prophétisant quelque commandement confus - et les récits urbains de match de foot perdus, de cours de techno bordéliques, de kebabs avariés, de vacances au ski aux fins tragiques.
Dans cette vie nouvelle, j’apprends ce que je suis et ne suis pas, je revêts plusieurs visages, je découvre l’unique et le multiple, je grandi, je rapetisse... bref, je deviens un homme qui montre et cache ses cicatrices. Je vis les meilleurs moments de ma vie, mais aussi mes pires cauchemars.
C’est un récit de théâtre, c’est une autobiographie, c’est une fiction. Mon verbe est celui d’un étranger qui tente de franchir une frontière, celle des apparences.
TÉMOIGNAGE/ MARION GUILLOUX
Journaliste Le Souffleur

Au-delà du témoignage, il y a ce phrasé, déjà théâtral à la lecture :
« Je suis un mafieux, je suis un mafieux comme tous les Albanais. »
C’est ainsi que cela commence et que cela se déroule ensuite, dans un flot continu qui fait remonter l’enfance, l’arrivée en France - Terre Promise, l’adolescence à Saint-Denis jusqu’au drame hypothétique.
L’histoire d’une promesse qu’un papa a voulu tenir envers son fils : l’emmener en France. Et qu’il grandisse là-bas, et qu’il découvre peut-être qu’ici n’est pas mieux qu’ailleurs.
Pas mieux, voire pire, si l’on réfléchit en « vie d’homme » à ce que cela signifie être un exilé, un étranger. Oscillant perpétuellement entre conte et récit de vie, Simon Pitaqaj réussit à mêler l’appel de l’ailleurs à la prison de la ville lumière et ses barres d’immeubles de banlieue. Là où la jeunesse se méprise et refuse de croire en l’avenir.
Lui il est l’image floue d’une jeunesse en fuite.
En France, il est l’Albanais. Celui qui, selon les préjugés, vendrait père et mère pour se tailler une part au soleil.
Mais non. À la place, il écrit.
La force du texte de Simon Pitaqaj tient à sa forme brute et sans pathos. Un soliloque à bout de souffle, pour ne rien oublier.