Bosnie-Herzégovine : l’UE inquiète pour la liberté de la presse

| | |

Lors de la présentation du rapport annuel de la Commission européenne, le chef de la délégation à Sarajevo n’a pas été tendre avec la Bosnie-Herzégovine. Lars‑Gunnar Wigemark s’en est même pris au « retour en arrière » dans les médias.

Cet article est accessible gratuitement pour une durée limitée. Pour accéder aux autres articles du Courrier des Balkans, abonnez-vous !

S'abonner

Par Marija Arnautović

En 1997, l’immeuble du quotidien Oslobođenje, symbole de la résistance et de la liberté pendant le siège de Sarajevo
© Frederic Vigne / FlickR

« La liberté de la presse est un domaine qui n’a fait aucun progrès en 2015 en Bosnie-Herzégovine. La situation s’apparente même plutôt à un retour en arrière. » Voilà le constat sans appel du rapport annuel de la Commission européenne (CE). Ce n’est pas la première fois que Sarajevo est épinglée dans ce domaine : la plupart des rapports de la CE dénoncent les pressions politiques et économiques qui pèsent sur les médias bosniens.

Selon les sondages, plus de 60% des Bosniens estiment que les médias ne sont pas libres dans leur pays et que la pression vient principalement des politiciens, des annonceurs et que l’autocensure est aussi un obstacle de taille.

Selon les chiffres de l’Union des journalistes de Bosnie-Herzégovine, 70 cas de délits commis contre les journalistes ont été enregistrés depuis 2005. Seuls neuf cas ont été résolus en faveur des journalistes.

Mais il n ’y a pas que la presse qui va mal en Bosnie. Comme le rappelle le journaliste Boro Kontić, « il ne faut pas oublier la décomposition du service public en Bosnie-Herzégovine, l’une des raisons principales de cette mauvaise note de l’UE ».

En Republika Srpska (RS), l’opposition juge aussi que la question du service public aurait du être traitée plus sérieusement dans le rapport de Bruxelles. « Avant tout je pense que le service public en RS ne sert qu’une seul et même parti et que tout le monde le sait », s’agace Branislav Borenović, du Parti du Progrès démocratique.« Il est temps de faire quelque chose. Si on a pu le faire en Macédoine, je ne vois pas pourquoi on ne peut pas le faire en Bosnie-Herzégovine. »

© Simon Lenormand / CdB
Cet article est produit en partenariat avec l’Osservatorio Balcani e Caucaso pour le Centre européen pour la liberté de la presse et des médias (ECPMF), cofondé par la Commission européenne. Le contenu de cette publication est l’unique responsabilité du Courrier des Balkans et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant le point de vue de l’Union européenne.