Serbie : la justice soutient le ministre Stefanović, chef des fantômes de Savamala

| |

L’hebdomadaire NIN a été reconnu coupable d’avoir diffamé le ministre de l’Intérieur Nebojša Stefanović en mettant en en cause sa responsabilité dans la démolition du quartier de Savamala à Belgrade par des hommes masqués en avril 2016, une affaire toujours non résolue.

Cet article est accessible gratuitement pour une durée limitée. Pour accéder aux autres articles du Courrier des Balkans, abonnez-vous !

S'abonner

Par la rédaction

© Ne Davimo Beograd

Mercredi 4 janvier, la Haute Cour de Belgrade a déclaré coupable l’hebdomadaire NIN d’avoir diffamé le ministre de l’Intérieur Nebojša Stefanović dans un article sur la destruction mystérieuse du quartier de Savamala, dans la capitale serbe, dans la nuit du 24 au 25 avril 2016, et l’a condamné à payer 300 000 dinars (environ 2500 euros) à titre de dommages et intérêts.

Le rédacteur-en-chef de NIN, Milan Ćulibrk, a confirmé à la chaîne N1 que le magazine allait faire appel, si nécessaire auprès de la Cour constitutionnelle de Serbie ou de la Cour européenne des droits de l’Homme de Strasbourg.

Nebojša Stefanović avait réclamé des compensations après la parution d’un article affirmant qu’il aurait dû assumer la responsabilité de la destruction du quartier de Savamala, suite aux défaillances du ministère de l’Intérieur. En effet, la police n’avait pas répondu aux appels de citoyens lors de la démolition de Savamala par de mystérieux hommes masqués, armés de battes de base-ball, qui ont notamment attaqué le centre d’accueil pour réfugiés de Miksalište.

Le ministre avait porté plainte contre la journaliste de NIN Sandra Petrušić, le rédacteur-en-chef Milan Ćulibrk, et l’hebdomadaire lui-même. Selon lui, le titre de l’article, « Nebojša Stefanović, fantôme de Savamala », publié en une en juin dernier, aurait porté atteinte à sa personne, à sa réputation et à son honneur professionnel. Il a ajouté que l’auteure de l’article et le rédacteur-en-chef de NIN avaient violé sa présomption d’innocence en publiant des informations sans preuves.

Pour Milan Ćulibrk, l’article avait seulement pour but d’enjoindre les autorités à prendre leurs responsabilités afin de résoudre l’affaire. Selon NIN, les démolitions n’ont pas pu être commises sans que les institutions étatiques ne soient impliquées et n’auraient pas été possibles sans « la connaissance et l’aide » du ministre de l’Intérieur.


Cet article est produit en partenariat avec l’Osservatorio Balcani e Caucaso pour le Centre européen pour la liberté de la presse et des médias (ECPMF), cofondé par la Commission européenne. Le contenu de cette publication est l’unique responsabilité du Courrier des Balkans et ne peut en aucun cas être considéré comme reflétant le point de vue de l’Union européenne.