Le Courrier de la Serbie

Turquie : quelle(s) langue(s) parle-t-on à Istanbul ?

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Au début du XXème siècle, dans les cafés de la mégalopole turque, on rencontrait une profusion de langues, de confessions, de métiers. C’était le temps de l’Orient compliqué, des Grecs et des Arméniens. Depuis, la structure de la population d’Istanbul a radicalement changé, notamment à la suite de la naissance de la République kémaliste en 1923. Celle qui est devenue une mégapole s’est « anatolisée » et « continentalisée ». Rencontre avec le politologue Rasih Nuri Ileri.

Propos recueillis par Philippe Bertinchamps Photos : Marija Janković Cet article a été réalisé avec le soutien de la Compagnie des chemins de fer de Serbie. Le Courrier de la Serbie (CdS) : Quelles langues parlait-on à Istanbul au début du XXème siècle ? Rasih Nuri Ileri (R.N.I.) : Au temps de ma jeunesse, dans les années 1920, dans le quartier de Galata, on parlait le français, le grec, l’arménien et le judéo-espagnol. À l’époque, il y avait environ 600.000 habitants à Istanbul [1]. La moitié d’entre eux étaient des Grecs et des Arméniens. Or, la majorité des Grecs d’Istanbul ne savait pas le turc. Seule l’intelligentsia connaissait cette (...)

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