Courrier de la Bosnie-Herzégovine

Réconciliation en Bosnie : Bruce Lee à Mostar ou l’importance de symboles communs

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Séparée en deux entités, dirigée par une présidence tripartite, la Bosnie-Herzégovine a tout d’un État sans nation. Pour parvenir à des relations apaisées et construire des institutions stables, le pays doit s’appuyer sur des valeurs acceptées par tous. C’est avec ce but que des jeunes de Mostar ont choisi d’édifier une statue de Bruce Lee. Ce choix étonnant révèle-t-il le tropisme occidental de la Bosnie, seul moyen d’échapper aux haines du passé ? L’analyse de notre correspondant.

Par Rodolpho Toe « Malheureux le pays qui a besoin de héros », fait dire le célèbre dramaturge allemand Bertolt Brecht à l’un des personnages de La Vie de Galilée, pièce écrite en 1938. Une considération toujours d’actualité. Pourtant, s’il était vrai que le malheur traque inévitablement ceux qui idolâtrent leur sauveur, la situation est encore pire pour les gens qui ont besoin de figure héroïque et qui ne parviennent pas à en trouver. C’est bien le cas de la ville de Mostar, en Bosnie-Herzégovine, qui est devenue en 2005 la première ville au monde à dédier un monument à Bruce Lee, l’acteur sino-américain célèbre pour ses films d’arts martiaux, (...)

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