L’avortement, mission (toujours) impossible pour les femmes du Kosovo

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L’interruption volontaire de grossesse est légale jusqu’à la dixième semaine au Kosovo. Mais si ce droit est reconnu par la loi, le choix d’avorter reste un acte très mal accepté dans une société très patriarcale, qui considère que les femmes ont avant tout un rôle reproductif. Entre préjugés moralistes et pressions familiales, reportage sur un sujet encore tabou.

Par Leonida Molliqaj « C’est au tour de qui de se faire retirer son enfant ? Allez ! », lance l’infirmière aux femmes qui patientent dans le couloir du service gynécologie-obstétrique du CHU de Pristina. Celle qui attendait son tour se lève, la tête basse, comme si elle voulait que personne ne la voie. Pourtant, tous les regards sont braqués sur elle le temps qu’elle rejoigne la salle d’opération et pendant toute la durée l’intervention, les chuchotements ne cessent de tourner autour de son cas. Quand elle finit par sortir et qu’elle quitte les lieux avec son mari, le silence se fait à nouveau. Tuer son enfant à la maison ou avorter, (...)

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