Clémence Boulouque à Sarajevo

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Est-ce que les livres proviennent de l’enfance en se nourrissant d’un bonheur perdu ou pour apaiser une douleur ? C’est le cas de la charmante journaliste, critique littéraire et écrivaine Clémence Boulouque : « je serais morte, en quelque sorte, si je n’avais pas écrit La Mort d’un Silence », dit-elle lors de la conférence « Enfances terribles » face au public de Sarajevo pendant les 8èmes Rencontres du Livre. Fille du magistrat Gilles Boulouque, sa vie bascule lorsque son père est nommé juge anti-terroriste au lendemain de la vague d’attentats de 1986 mettant en cause l’Iran. Clémence n’avait que 13 ans lorsque son père se suicide le 13 décembre 1990, elle en voulait à la terre entière. Aujourd’hui à 30 ans Clémence reste humble face à ses propres douleurs. Compassion. Sensibilité. Profondeur. Fragilité. Un être adorable et naturel. Ce n’est certainement pas une coïncidence qui nous a réunies sous le soleil de la terrasse de Dom Policije...

« Le suicide se prépare dans le silence du cœur », Albert Camus. CdBiH : D’où vient ton intérêt pour la Bosnie-Herzégovine ? Clémence : Quand la guerre a commencé en Bosnie, j’avais 15 ans. Ma meilleure amie était serbe de Bosnie. Mon père me parlait souvent des relations internationales, et il me disait « tu vas voir, cela va bientôt exploser ». Il avait raison. On peut s’intéresser à la géopolitique et comprendre l’avenir. Mon père en était capable. Depuis, j’ai toujours été fascinée par l’Europe centrale, l’Europe du Sud et par les problématiques du monde musulman. La Bosnie était donc un pays qui me passionnait. Je me souviens avoir très mal vécu le siège (...)

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