Entre l’Albanie et la Grèce, la mémoire et l’oubli de la Çamëria

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Comment peut-on être Çam ? Cette minorité albanaise d’Epire a été systématiquement chassée du nord de la Grèce après la Seconde Guerre mondiale, et le souvenir des massacres alors perpétrés reste un tabou. Aujourd’hui encore, affirmer l’identité çam demeure difficile et le sort de la région est une pomme de discorde entre Athènes et Tirana. Reportage.

Par Louis Seiller Il n’est pas difficile d’entendre parler albanais dans les rues d’Asprokklisi, un petit village grec proche de la frontière. Pourtant, dans le cercle regroupé à l’entrée de l’épicerie, personne ne se présente comme Çam [Tcham], issu de cette communauté albanaise autochtone. Le mot semble même inquiéter. Les jeunes Albanais disent qu’ils ne sont pas d’ici, qu’ils sont seulement venus à la recherche d’un emploi dans la région. De fait, beaucoup travaillent dans les champs d’agrumes des alentours. Au bout de quelques minutes, toutefois, certains passants ou même des membres du groupe sont pointés du doigt, mais toute évocation (...)

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